Sélectionner une page

Il y a des choses que l’on n’anticipe pas toujours au cours d’une expatriation, et l’une de ces choses est la discrimination. Que vous partiez dans un pays qui a une toute autre culture que la vôtre, ou que vous soyez un Français s’installant au Québec, vous restez un étranger pour les locaux. Et parfois ils ne manqueront pas de vous le rappeler…

J’entends déjà vos remarques : “oui oui c’est une chose que l’on sait quand on décide de quitter son pays”. Détrompez-vous : c’est une chose de savoir que ça peut arriver, mais le ressentir, et y faire face, sont toute autre chose. Et vous le comprendrez quand vous vivrez votre premier rejet dans votre pays d’accueil.

Personnellement, bien qu’étant Française, j’avais déjà été victime de discrimination en France, à cause des origines africaines de ma famille. Ç’avait déjà été un grand étonnement pour moi de découvrir qu’à l’âge adulte je pouvais être traitée différemment parce que mon nom de famille ne “sonnait pas français”.

Mais la première fois que j’ai été discriminée à cause de mon accent français, ça a été un autre choc. Quand on est un Français au Québec on sait déjà d’avance qu’on marche sur des œufs et qu’on doit faire preuve d’humilité. Et voici ce qui est arrivé : dans les premiers jours de notre installation au Québec, nous cherchions un appartement à louer. Malheureusement nous avons dû essuyer plusieurs refus par téléphone qui trahissaient – plus ou moins subtilement – la méfiance des propriétaires pour notre accent…

Un an et demi environ après notre installation, et donc 1 an après le début de mon emploi, j’ai eu une autre surprise : une de nos clientes, toujours insatisfaite par ailleurs, s’était plainte à mes patrons qu’elle ne voulait plus me parler car j’étais Française…

Comment est-ce que l’on réagit dans ce genre de situations ? D’abord on tombe sur le cul (excusez l’expression). Ensuite la colère monte un peu : c’est tellement injuste d’être discriminé quand on fait de son mieux pour s’intégrer ! Mais s’énerver et rester fâché ne sert à rien … alors on prend sur soi, et on réagit avec plus d’intelligence que notre interlocuteur, parce que le pire serait de lui donner raison … J’ai servi la cliente comme j’aurais servi n’importe quelle autre, avec le même dévouement … et le sourire !

Parfois c’est un peu plus compliqué, notamment dans les pays dont la culture est totalement différente, comme la situation des occidentaux en Asie. Sur ce point, je souhaite vous partager une petite vidéo d’un expatrié qui s’appelle Kublai, qui vous aidera à mieux comprendre ce point :

Je trouve qu’il y a tout de même un point positif qui ressort de cette expérience : une fois qu’on a vécu ce rejet, on comprend beaucoup mieux ce que peuvent ressentir les étrangers et les personnes d’origine étrangère d’une manière générale dans un pays (pour ne pas citer la France), et cela crée, en tout cas pour ma part, une sorte d’élan de solidarité encore plus fort.

Est-ce qu’après ça je peux dire que je suis prête pour affronter toutes les situations de racisme ou de discrimination qui se présenteront ? Non. Mais j’espère être assez forte pour réagir toujours positivement et ne pas laisser une minorité de locaux entacher la belle expérience qu’est mon expatriation.

Et vous, avez-vous déjà été victime de discrimination en fonction de votre origine ? Comment avez-vous réagi ? Venez m’en parler en commentaires !

Vous aimerez aussi :

Share This

Share This

Share this post with your friends!