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Quitter son pays d’origine pour partir vivre à l’étranger n’est jamais chose facile, mais quand on prévoit en plus de s’expatrier avec ses enfants, les choses peuvent devenir encore plus compliquées … Pourtant, je vous garantis qu’il est tout à fait possible de mettre en place votre projet de manière sereine ! Et voici 5 astuces qui vous permettront de réussir votre immigration en famille :

1. Abordez le sujet mais avec subtilité

Avant de savoir si l’envie de partir à l’étranger est partagée par vos enfants, essayez de tâter le terrain progressivement, d’autant plus si votre projet n’est qu’à un stade embryonnaire : il faut à tout prix éviter de les braquer avant même d’avoir pu essayer de les convaincre. Plus facile à dire qu’à faire ? Peut-être ! Mais l’enjeu est de taille, la réussite de votre projet en dépend !

D’une manière générale, il est primordial de ne pas mettre les pieds dans le plat en leur énumérant ce qu’un déménagement à l’étranger pourrait impliquer comme changements dans leur vie : quitter leur famille, leurs amis, leurs habitudes, éventuellement se séparer de certaines affaires, apprendre une nouvelle langue, etc. Ce serait le meilleur moyen de vous tirer une balle dans le pied.

Au contraire, en fonction de leur âge et de leur capacité de compréhension, vous pouvez commencer par :

  • Leur poser des questions ouvertes simples (est-ce qu’il y a des pays étrangers qui t’intéressent ou que tu aimes bien ? des pays ou des régions que tu aimerais visiter ?)

et / ou

  • Créer une discussion à partir d’un film, d’une chanson, d’une photo ou encore d’un article (est-ce que tu as vu / lu / entendu … ? qu’en penses-tu ? est-ce que ce pays t’intéresse, aimerais-tu le visiter ? comment trouves-tu … ?).

2. Préparez-vous aux éventuels blocages

Il est possible que vos enfants, ou certains d’entre eux, aient une certaine réticence à quitter leur pays.

Il faut accepter que vous puissiez essuyer un refus de leur part : ils ont le droit de ne pas être d’accord ! Votre rôle principal consiste alors à les sécuriser, à les aider à dépasser leur blocage, en prenant sur vous. Après tout, même si c’est un peu cru de le dire ainsi, c’est vous qui décidez de les arracher de leur cocon…donc soyez patients et tolérants, et tout ira pour le mieux.

Il faut comprendre que les enfants, comme les adultes, aiment avoir leurs habitudes (école, amis, famille, grand-parents, etc.), il est donc normal que chambouler leur quotidien puisse être source de conflits, même chez les petits, que ce soit pour s’expatrier ou n’importe quel autre déménagement d’ailleurs !

Sachez que si vous anticipez les refus, les colères ou la tristesse éventuelle, vous serez suffisamment fort(e) pour braver la tempête et avancer, avec eux, dans votre projet d’immigration.

Une fois qu’ils se sont faits à l’idée de partir avec vous dans cette merveilleuse aventure, le meilleur moyen pour qu’ils restent convaincus du bien fondé de votre projet est de les impliquer dans la préparation. De cette manière ils auront l’impression d’avoir fait le choix, autant que vous, de partir, ils n’auront pas l’impression de subir votre décision, et donc vous risquez moins d’avoir des reproches de leur part.

3. Adaptez votre préparation en fonction de l’âge de votre enfant

Comme vous pouvez l’imaginer, partir au bout du monde ne se fait pas de la même manière avec un enfant de 2 ans, avec un ado ou un jeune adulte. C’est la raison pour laquelle vous devez absolument adapter la préparation de votre départ à l’âge de votre enfant.

  • Pour les petits de moins de 2 ans, les choses sont assez simples, vous pouvez leur parler de votre voyage, la manière dont vous allez voyager (en avion, en voiture, etc.), ce qu’ils vont découvrir de nouveau, leur faire écouter des musiques de votre pays d’accueil, leur proposer de dessiner un avion, votre nouvelle maison ou autre…
  • Pour les plus grands, pour leur permettre de se projeter d’avance dans leur nouvel environnement,

                – vous pouvez leur montrer des films, des photos, des blogs, des reportages à la télévision, des vidéos sur YouTube…

               – si possible faites avec eux un voyage d’exploration, même court, afin de se faire une bonne idée de leur pays d’adoption, du climat sur place, etc.

               –  faites des recherches avec eux sur les possibilités qui s’offrent à eux sur place en fonction de leurs passions (écoles, activités, etc.)

              –  expliquez-leur comment vous allez garder le lien avec la famille et les amis (réseaux sociaux, courriels, blogs, etc.)

              –  si la langue de votre pays d’accueil est étrangère pour eux, commencez à leur proposer des outils pour apprendre les bases de cette langue (cahiers, livres, vidéos, applications mobiles, sites internet ou autres).

Dans tous les cas, mettez toujours en avant les points positifs de votre départ, pour chacun des membres de votre famille : apprendre une nouvelle culture, nouveaux enjeux professionnels, nouvelles opportunités personnelles et professionnelles, apprentissage d’une nouvelle langue, occasions de voyages, réalisation d’un rêve … Vos enfants doivent percevoir que de belles choses les attendent et que c’est une chance pour eux de s’expatrier ! D’autant plus que l’immigration n’est pas la fin d’une vie mais le début d’une aventure, qu’elle peut être temporaire et que rien n’est immuable … Ils auront toujours la possibilité de revenir dans leur pays d’origine en vacances, ou pour y vivre s’ils le désirent.

4. Une fois sur place, facilitez leur intégration

Encore une fois, pour que votre projet d’expatriation en famille réussisse, il est important de se concentrer sur le bien-être des enfants. S’ils sont heureux dans leur immigration, ce sera BEAUCOUP plus facile pour vous de gérer tout le reste. A contrario, s’ils ne se sentent pas bien dans leur nouveau quotidien, vous risquez d’ajouter de la culpabilité voire du regret à votre palette d’émotions, et les conséquences pourraient être dommageables. Faites-vous confiance, même s’ils peuvent traverser des hauts et des bas, les enfants s’adaptent mieux que les adultes à un nouvel environnement. Tout se passera bien si vous les accompagnez activement dans leur processus d’adaptation.

Concrètement, comment est-ce que cela se traduit ? Allez avec eux rencontrer vos voisins, visiter votre nouveau quartier, leur nouvelle école, proposez-leur de s’inscrire à des activités (des hobbies qu’ils avaient déjà ou des nouvelles activités typiques de votre pays d’accueil), répondez à leurs besoins (passer plus de temps avec vous, ou bien passer du temps sur internet à discuter avec leurs amis..), facilitez le lien avec la famille et les amis restés dans le pays d’origine, répondez à leurs inquiétudes … le tout en restant PO-SI-TIF.

En résumé, l’important est de les accompagner tout en respectant leurs besoins, le temps qu’ils adoptent une nouvelle routine et de nouvelles habitudes qui viendront les rassurer à leur tour.

5. Apprenez à gérer vos propres émotions

Comme j’en parlerai dans un prochain article, l’immigration comporte généralement son lot d’émotions, et l’on passe par différentes étapes psychologiques qui peuvent durer sur plusieurs mois ou années.

Sachez donc qu’il y aura des hauts et des bas, du côté de vos enfants, de votre conjoint, et du vôtre. De la culpabilité, des doutes, des moments d’euphorie puis des envies de retourner à votre zone de confort… Si cela arrive, il ne faut pas hésiter à lire des ouvrages de développement personnel, s’entourer de personnes positives qui remontent le moral, faire partie d’un groupe, demander de l’aide si besoin, bref ne pas rester seul dans ces moments-là qui ne sont que passagers. Je ne vous conseille pas d’aller lire trop souvent les forums d’expatriés dans les moments de « down » car on y trouve toujours des témoignages de personnes qui ont préféré rentrer dans leur pays d’origine pour X ou Y raisons… Non, l’expatriation n’est pas facile mais oui, il est possible de garder le cap, traverser les tempêtes et atteindre la sérénité, le bonheur, la raison pour laquelle vous avez décidé de partir.

Pourquoi est-ce que je vous dis cela ? Les enfants sont comme des éponges, vous êtes leur exemple à suivre, leur modèle. Si vous n’arrivez pas à garder la barre (pour rester dans la métaphore du bateau) sur vos émotions, cela risque d’influencer leur propre ressenti. De plus, notamment pour les ados qui pourraient chercher une raison de vous confronter, il est important de ne pas leur donner le sentiment que vous avez fait une erreur. L’occasion serait trop belle pour eux, ils pourraient s’engouffrer dans cette brèche et il serait encore plus difficile de remonter la pente…

De plus, si vous êtes en couple, c’est important que vous soyez tous les deux sur la même longueur d’onde pour ne pas que les enfants subissent psychologiquement les conséquences d’un éventuel désaccord entre vous (« c’était ton idée, c’est de ta faute si… »).

Si vous avez d’autres idées ou des craintes particulières, n’hésitez pas à m’envoyer un courriel à contact.monprojetdexpat@gmail.com, je me ferai un plaisir de vous aider si je le peux !

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